La Suisse n'est pas membre de l'UE — la directive NIS-2 et le CRA
ne s'y appliquent pas directement. Il serait
pourtant illusoire de croire les entreprises suisses non
concernées. L'effet passe par trois canaux, et il est bien réel.
i
Filiales UE
Un établissement dans l'espace UE est directement soumis à la transposition locale de NIS-2 — avec toutes les obligations d'annonce et plafonds d'amendes.
ii
Services vers le marché UE
Celui qui offre depuis la Suisse des services numériques dans l'UE — cloud, services managés, DNS — entre souvent directement dans le champ.
iii
Chaîne d'approvisionnement
Les clients UE sont tenus de contrôler la cybersécurité de leurs fournisseurs. NIS-2 est ainsi répercutée « en amont » — par contrats plutôt que par lois.
En parallèle, la Suisse durcit son propre cadre. La
loi sur la sécurité de l'information (LSI / ISG)
est en vigueur depuis janvier 2024 ; depuis le 1 avril 2025, une
obligation d'annonce dans les 24 heures s'applique
aux exploitants d'infrastructures critiques vis-à-vis de
l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS / BACS). En cas de
manquement, des amendes jusqu'à CHF 100 000 sont prévues. Une
extension du champ vers la logique NIS-2 est prévisible.
La vraie question n'est pas « sommes-nous compliants ? » mais
« sommes-nous résilients — et pouvons-nous le démontrer ? »
Qui veut des réponses devrait les avoir avant l'incident, pas
après.